Cliquer sa vie à pleins doigts

Bisounours

Je lis cette formule dans TéléParis Obs de la semaine dernière; elle est de Philippe Vecchi : " Cliquer sa vie à pleins doigts".

De quoi parle-t-il ?

D'un monde où tout est sympa, une sorte de "plus belle la vie" permanente; On y transmet, en flot continu, des informations toutes plus gentilles et futiles les une que les autres; "j'ai mangé des nounours"; "ma soeur est formidable", "C'est la fête", "c'est top, cet film", etc...

Le but, on sait pas trop; mais il y a souvent un désir, une fureur de plaire.

C'est, bien sûr, des réseaux sociaux virtuels, Facebook, dont parle Philippe Vecchi.

C'est le règne du "bonheurisme", ce Bonheur désincarné et obligatoire (il ne faut pas déconnecter, au risque d'être oublié).

Toute la journée, nos amis, nos collaborateurs, s'y mettent. Certaines entreprises s'en inquiètent au point de vouloir censurer le plaisir; d'autres veulent y voir une manifestation, parfois difficile à comprendre, de l'intelligence collective.Ce qui compte, c'est d'y croire.

C'est génial, le bonheur...


Envie de futur

Futur2 Aujourd'hui premier lundi du mois, de l'année, de la décennie...

Forcément, ma chronique sur "Envie d'Entreprendre" parle du futur, de 2010, ..

Mais aussi de victimes, de ceux qui veulent toujours s'adapter, et de ceux qui veulent sauver le monde...

Cela parle de ceux qui sont comme tout le monde,

et de ceux qui veulent être uniques...

Il vaut mieux aller voir sur place pour y comprendre quelque chose.

Bonne rentrée,

Soyons uniques ! 


Geek ou Stasi ?

Stasi " Dans les entreprises aujourd'hui, les dirigeants qui s'intéressent à la technologie s'intéressent surtout au côté domination : reporting, contrôle...C'est la Stasi !".

Celui qui parle comme ça, c'est Michel Hervé, Président de Hervé Thermique, et auteur d'un livre sur "De la pyramide au réseau" (que je n'ai pas encore lu, mais ça va venir), lors d'un des débats, auquel j'ai assité, des Rencontres ICC 2007 (Innovation-Compétitivité-Connaissance) qui se tenaient au Palais des Congrés les 2 et 3 octobre.

Bien sûr, Michel Hervé ne se sent pas membre de cette "Stasi connection", et les dirigeants dont il parle, ce sont les autres...Lui, il est pour l'introduction de la démocratie participative dans toute l'entreprise, la libération des énergies, l'autonomie des collaborateurs.

Le système de la pyramide était nécessaire quand la technologie n'existait pas : le meilleur moyen, le moins coûteux, pour faire circuler l'information, était la pyramide, la hiérarchie : c'était le coût de transfert le plus faible.

Avec les nouvelles teechnologies, nous avons les solutions techniques, sur étagère, pour sortir de ce cadre. Chacun est acteur du nouveau cadre, toute information peut être traitée instantanément pour informer un autre....C'est le temps des réseaux et de la transversalité...

Les jeunes générations sont en demande de ces nouvelles pratiques de travail, avec moins de contrôle, et plus de marges de manoeuvre.

Des fanas de ces nouvelles possibilités technologiques, dont la version la plus aboutie est dénommée "geek" ( obsédé de technologie, genre le polard de l'école d'ingénieur), il y en avait plus que d'agents de la Stasi dans les allées du Palais des Congrés pour ces rencontres ICC.

Cette attraction pour les technologies par les jeunes générations du marché du travail, on la sent bien en observant de tels évènements, mais on sent aussi combien cela les rend rebelles à l'autorité, à l'entreprise dite "traditionnelle" .

Pourtant, cette indépendance, cette autonomie, permises par le travail avec les nouvelles technologies (bluekiwi, Squido, Polyspot,....toutes ces entreprises start-up ont des noms de jeux vidéos..), elle n'est pas la réponse définitive au management de nos entreprises,

L'un des participants à un autre débat parlait d'"infobésité" pour parler de l'avalanche d'informations auxquelles nous pouvons avoir accès avec le Net, Google, les outils divers,et combien cela pouvait être perturbant. Ne risque-t-on pas, en perdant la capacité de trier, sélectionner, donner du sens, non pas un progrès de la connaissance, mais au contraire, une "croissance de l'ignorance" ?

Appelé à témoigner sur ses pratiques de management, Thomas Defaille, directeur du développement et des partenariats technologiques de Microsoft France, nous a parlé...des réunions qu'il organisait avec ses équipes, et individuellement avec chacun de ses collaborateurs...et nous a prévenu : "un sharepoint ne remplace pas un process de management et de gestion"... (pour les moins geek, un sharepoint est un outil permettant de partager des fichiers).

Bref, "travailler et manager autrement" avec les nouvelles technos...pas vraiment si autrement finalement.

L'école Emsi de Grenoble , représentée aussi lors de ces rencontres, tient un observatoire des usages des nouvelles technologies par les dirigeants, et les classe en catégories genre "accros", sceptiques",etc...Et publie aussi des ouvrages pratiques sur le sujet.

Leur dernière enquête : à plus de 80%, les dirigeants sont ..."sceptiques" ou "distants" !!

tout est dit : les geeks d'un côté, les jeunes générations, celles qui se méfient des entreprises classiques, de l'autre les patrons, entre stasi, sceptiques et distants...

Il y a encore du chemin à faire pour améliorer l"efficacité collective" de nos entreprises, et faire évoluer les mentalités...

   Résultat du petit sondage :

Les nouvelles technologies dans l'entreprise

La Stasi 6.25%
Communiquer dans l'entreprise 2.0 31.25%
Des outils pour faire plus vite des tâches sans intérêt 43.75%
Pour chater sur facebook et glander au bureau 18.75%

Bon, grâce aux outils qui permettent de faire plus vite des tâches sans intérêt, on a plus de" temps pour glander sur facebook...Pour le web 2.0, on va encore attendre un petit peu..Mais ça progresse....