La transparence des petits moutons
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Les dinosaures sont déjà morts

DinosauresOn la connaît cette histoire, cette formule, on l'a tellement entendue : " Think global, act local". C'était le truc dans les années 90, et même 2000. Tout le monde y croyait.

En gros, ça nous disait que la globalisation, c'était la meilleure façon de comprendre le monde et l'économie. Et qu'ensuite il fallait adapter cette stratégie globale à chaque fois sur le terrain.

Et bien, aujourd'hui, c'est fini.

Ah bon?

Oui, car aujourd'hui les produits globaux, il y en a de moins en moins. On doit créer tout au local; les produits, les services, sont conçus pour le local. La voiture pour l'Inde n'est pas celle pour l'Europe; même l'I Phone doit correspondre aux besoins des opérateurs locaux, et fournir des applications locales. C'est en local que l'on conçoit, que l'on comprend les besoins de chaque client.

C'est ce que dit trés bien Pierre Nanterme, PDG d'Accenture, dans un entretien avec Les Echos lundi dernier (Muriel Jasor, David Barroux, François Vidal). Cela vaut la peine d'y aller voir.

Pour Pierre Nanterme, le nouveau mantra, c'est : " Think local, leverage global".

Leverage global, cela veut dire se concentrer sur les économies d'échelle, la rationalisation des investissements.

Pour lui, "les dinosaures sont déjà morts" : Pour évoluer, une entreprise doit avoir le changement "dans son ADN". Et plus on est gros, plus il faut que cet ADN du changement soit fort, sinon, c'est foutu. La question majeure pour les dirigeants, c''est la question de la pérennité de leur entreprise. Quand il nous dit que les dinosaures sont déjà morts, il nous avertit : que l'on soit un grand groupe ou une petite start-up, l'agilité et la flexibilité sont obligatoires pour survivre. Celles qui n'ont pas commencé à changer vont mourir avec les autres dinosaures.

Même Accenture est concerné,avec ses 305.000 employés dans le monde et 30 milliards de dollars de chiffre d'affaires, en progression annuelle de 5%.Le renouvellement doit être permanent, et on apprend dans l'article que l'entreprise a embauché l'année dernière 80 000 personnes dans le monde.

Ce qui vient pousser à se bouger : bien sûr, la digitalisation des modèles d'entreprises, qui crée de nouvelles opportunités, mais aussi emporte toutes celles qui n'arrivent pas à s'y mettre, même dans les secteurs que l'on croit les moins concernés ou protégés. Il y aura toujours un malin qui viendra jouer au barbare pour leurs prouver le contraire.

Autre élément que cite Pierre Nanterme: la formation. "le temps où l'on réunissait des gens dans une classe pour une session de formation standard est définitivement révolu". On passe à la formation à distance, en ligne, de nouvelles disciplines deviennent cruciales (sciences, technologies,engineering, mathématiques : les STEM,qui sont nécessaires pour nos entreprises, et gagnent du terrain dans les pays émergents, pendant que les Etats-Unis et l'Europe prennent du retard).

Enfin, dernier élément : l'entreprenariat. De nouveaux métiers apparaissent. " Quand la Terre comptera neuf milliards d'habitants, tout le monde ne pourra pas aspirer à un emploi organisé au sein d'une entreprise ". On va avoir besoin, partout, de plus en plus d'entrepreneurs. Et l'on peut ajouter que même nos entreprises installées vont avoir besoin de s'organiser pour compter et échanger avec ces entrepreneurs et ces start-up.Et aussi les start-up entre elles.

On l'a compris : il n'est pas forcément besoin d'atteindre une grande taille pour devenir un dinosaure mort; même les petites entreprises peuvent se trouver bloquées dans l'immobilisme, la peur de changer, l'installation dans la routine et les habitudes.

De quoi nous faire réfléchir tous, pour nos entreprises, nos équipes, et nous-mêmes.

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