Trop molle !
ROE ?

Choisir pour décider

Choix2

La question ces dernières semaines était à la Une de tous nos journeaux chaque jour, et à la télé : Nicolas Sarkozy va décider de nommer un nouveau Premier Ministre.

Et puis, un dimanche, en fin de journée, la décision est rendue publique : c'est François Fillon.

Avec la politique, on assiste en direct, avec tout le théâtre relayé par les journalistes, à la décision.

Mais des décisions, il s'en prend tous les jours aussi dans nos entreprises, et dans notre vie privée.

Et c'est un cheminement parfois assez long qui amène à la décision; on rapporte d'ailleurs que Nicolas Sarkozy est lui-même passé par plusieures hypothèses, plusieurs alternatives, avant de prendre LA décision.

Décider, c'est trancher, couper, c'est mettre un terme à une question, comme l'analyse Laurent Falque et Bernard Bougon dans leur ouvrage "Pratiques de la décision", qui fait référence sur le sujet, dont j'ai déjà parlé ICI et encore ICI.

La décision résulte d'un choix qui a été fait, et de la détermination suffisante pour afficher publiquement ce choix, et en assumer à partir de là toutes les conséquences pratiques et les retentissements, assumer de décevoir certains, de perdre le soutien d'autres, de se retrouver à devoir engager des actions plus difficiles, et probablement d'autres choix aussi.

Ce qui empêche de décider, c'est parfois le refus d'assumer ses choix, la peur des conséquences, et on se trouve alors dans des cas où on ne décide rien.

On connaît les situations où, insatisfait de la situation actuelle, conscient qu'il faut changer quelque chose, une stratégie, des hommes à certains postes, des règles, des procédures, on recule car il y a trop de conséquences à assumer, trop de changements à mettre en oeuvre. Et c'est ainsi que, bien que la technologie qui a fait le succés de l'entreprise d'hier est clairement en train de perdre du terrain, on n'ose pas en changer. On n'ose pas exprimer le choix, et donc on ne décide pas.

A l'inverse, on peut aussi décider sans choisir : mes coûts sont trop élevés, le chiffre d'affaires est en baisse, j'ai du licencier une partie de mes collaborateurs, parce que "je n'avais pas le choix"; ça aussi, on l'a déjà entendu. Certains soupçonnent que Nicolas Sarkozy lui aussi, a choisi François Fillon, "parce qu'il ne pouvait pas faire autrement"...Qui sait ?

Passer trop vite de la question, du problème, à la décision, voilà le danger.

Avant la décision, Laurent Falque et Bernard Bougon nous préviennent et conseillent de passer le temps nécessaire, et d'exercer notre discernement, sur la question du choix.

Poser la question du choix, c'est d'abord poser clairement le problème que l'on veut résoudre, et ce que l'on cherche. A quelles valeurs nous référons nous ? Avec quelle finalité sommes nous en train de contribuer ? Quel intérêt particulier ? Ou quel intérêt général voulons-nous servir ?

C'est aussi identifier ce que les auteurs appellent les "attracteurs du choix", car on a toujours tendance, avant même de formuler un choix, à avoir une préférence pour une option particulière (celle qui me fera avoir le moins d'ennemis, celle qui plaira à ma mère, ou à l'inverse, celle qui me permettra de passer pour un héros), et dans ce cas on perd son "libre arbitre". Bien choisir, c'est arriver à une attitude où l'on se met à "aimer chaque option"; afin de faire émerger notre vraie finalité. Choisir, c'est "donner une préférence qui contribue le plus à ma finalité".

Une fois cette étape du choix passée, et plus elle aura été consciente et réfléchie, plus il sera facile de rassembler les éléments de la détermination, de faire monter le courage, de vérifier, et , enfin, de décider et de communiquer sa décision.

Pour bien décider , il faut apprendre à choisir.

Commentaires

david michelin.

trés bon . ne pas choisir es le pire des choix a mon avis .

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