Les quinze chats....et les autres


ChataubureauA partir d'un certain niveau dans la hiérarchie les cadres s'installent dans le confort. Ils ont des habitudes, des routines, qui les rendent moins performants.

Pour éviter ça, Christophe de Maistre, Président de Siemens France, a livré son secret hier à Vincent Beaufils qui l'interviewait, et aux HEC présents aux "Matins HEC" : Il a supprimé, au Siège de Siemens France, qui héberge 1300 collaborateurs, les bureaux individuels. Il n'en reste plus que 15 (dont le sien j'imagine), au lieu de 70 à son arrivée. Soit à peine 1% ! Il ne nous a pas dit à quelle enseigne étaient logés les autres.

Ces quinze chats du siège doivent faire des envieux.

Cette histoire de transparence, de fluidité, de tous les bienfaits d'ouvrir les bureaux, j'en ai déjà parlé ICI

J'ai découvert un nouvel adepte. 

L'idée est de mettre en concurrence visible les salariés qui travaillent ainsi à découvert, en se mobilisant en groupe et en équipe, comme dans une guerilla. 

Pour ceux qui auraient du mal à supporter il reste le kit de survie en open space ( Cubicle Survival kit que l'on peut acheter ICI). Tout est prévu : une paire de bouchons d'oreilles, une pince à linge pour les odeurs des restes de repas d'à côté, un panneau "Repassez plus tard !" pour les perturbateurs, et merveille des merveilles, un rétroviseur panoramique pour repérer l'approche du chef...

Quand on parle de bureaux partagés et d'Open Space, Dilbert n'est jamais bien loin....

Dilbert


La discrétion contre les miroirs vides

DiscretionIl m'arrive de rencontrer, comme la semaine dernière, des dirigeants et managers qui sont, comme le dit l'un(e) d'entre eux, " entre-deux". Cette formule pour dire qu'ils viennent de quitter leur job, et en cherchent un autre. Quand on est dirigeant et que l'on quitte un job, on ne dit pas que l'on s'est fait "viré", on parle de "désaccord stratégique" avec l'actionnaire, le Président. Et on présente cet entre-deux comme un moment de repos, de remise en cause, de bilan personnel. Même si il y a parfois un peu d'hypocrisie, tant ils ont du mal à ne pas montrer leur envie de retrouver un nouveau cheval à enfourcher. Cette précarité des dirigeants n'est pas toujours trés confortable.

Ce qui est paradoxal pour ces dirigeants c'est de passer subitement d'un monde de la communication médiatique à un monde de la discrétion. Et en même temps, pour trouver le job d'aprés, ils pensent qu'ils vont devoir continuer à se faire connaître, mais différemment.

Car diriger aujourd'hui, on a l'impression que cela veut dire faire parler de soi. Les réseaux sociaux, les blogs, les médias, la télé, les tentations sont nombreuses; on s'y précipite pour dire du bien de soi, et de son entreprise (certains même mélangent les deux comme si la marque de leur entreprise était tatouée sur leur corps). Commme si notre monde avait définitivement identifié l'être à sa perception publique : " Être, c'est être perçu". 

Face à cette pression, que l'on appelle "médiatique", mais qui est aussi la pression que l'on fait sur soi-même pour se "mettre en avant", il paraît paradoxal de vanter la "discrétion". C'est l'objet d'un petit livre de Pierre Zaoui, " La discrétion, ou l'art de disparaître". Car aujourd'hui, pour exister, on compte le nombre d'amis sur Facebook, le nombre de followers sur Twitter, on peut même en acheter ! Et si votre nom n'apparait pas sur une recherche Google vous êtes "Nobody". 

Alors cet "entre-deux", c'est une bonne cure de discrétion. Et cela demande peut-être un peu de remise en cause. Et pas seulement pour un dirigeant d'ailleurs (Pierre Zaoui n'évoque pas ce monde de l'entreprise dans son ouvrage philosophique).

Pour Pierre Zaoui, la "discrétion" n'est pas un trait de caractère (genre modestie ou réserve) appris par les bonnes manières de la vie en société. Non, la discrétion dont il parle c'est une expérience métaphysique, une résistance à un ordre établi. Mais il ne milite pas non plus pour "pour vivre heureux, vivons cachés", qui serait une sorte de repli égotiste sur soi. Non, pour lui "l'art de disparaître", c'est l'art d'aller "un pas au-delà", comme un art de toujours regarder au devant de sa vérité.

Cette discrétion est une richesse car elle permet de se rendre disponible pour ce que Pierre Zaoui appelle " le spectacle du monde". Car l'être réside bien moins dans l'être perçu que dans l'être qui perçoit. Si il n'y a personne pour percevoir, l'être perçu n'existe pas. " Si personne ne veut plus rien percevoir, alors le monde lui-même cessera d'exister". 

Même l'amour, le vrai, a besoin de cette discrétion : "L'amour ordinaire comme princier n'est-il pas d'abord fiançailles et mariages, cérémonies et monstrations publiques ?". " La seule forme digne et libre de l'amour, c'est la discrétion. Il n'y a pas d'amour sans discrétion et les seules amours véridiques sont les plus discrètes amours".

C'est pourquoi nous avons besoin de ces "âmes discrètes" car sans elles il n'y aurait plus de monde du tout. Sans elles, plus rien n'existe sinon des" miroirs vides" que plus personne ne regarde.

La discrétion, l'art de disparaître, ce sont aussi, et ces dirigeants "entre-deux" y font penser,  ces moments d'intermittences, comme des fugues, dont nous avons besoin de jouir à discrétion. Et pourquoi pas en faire une nouvelle façon d'être, pour lutter contre un monde écrasant de l'" omnivisibilité", où il n'y aurait plus que "de la lumière et des chambres d'écho, et plus d'yeux en retrait et plus d'oreilles impersonnelles à l'écoute".

C'est en fréquentant ces "âmes discrètes" que l'on développe soi-même ces qualités, permettant de se reposer de  tant de ces grandes gueules qui ont tant d'amis et qui n'écoutent personne. Car " se faire discret, c'est créer, c'est donner, c'est aimer".

L'art de l'écoute dans la discrétion.


Le magasin est encore en vie

MagasinEn ce temps où tout le monde s'extasie devant le "Digitââââllll", où parler de révolution, c'est parler de révolution numérique, on pourrait se demander si il y a encore de l'avenir pour le commerce physique et notre bon vieux magasin. Il suffit de se promener dans Paris en ce moment pour se convaincre que le magasin n'est pas encore mort. 

Même si certains reviennent de loin; comme la FNAC par exemple. Un an aprés son introduction en Bourse, c'est plutôt un succès. Et son PDG Alexandre Bompard, énarque et inspecteur des finances, aux commandes depuis 2011, peut se féliciter, pour la première fois depuis longtemps, d'une augmentation du chiffre d'affaires en France au troisième trimestre 2014. Il joue gros pour les fêtes de fin d'année, cette pèriode correspondant à 20% des ventes de l'année. 

Alors, comment s'y prend-t-il ? 

Il se confiait le mois dernier aux journalistes des Echos, et ses propos nous révèlent quelques secrets et initiatives dont on peut tirer leçon.

Pour lui, " l'avenir n'est ni dans le déclin inéluctable du commerce physique, ni dans le triomphe exclusif de l'e-commerce". Le commerce de demain sera quelque chose d'hybride quicombine du physique et du virtuel; c'est ce que l'on appelle du nouveau mot d' "omnicanal". Tout le monde en parle, y compris les banques. Ce sera le sujet d'investissement de l'année à venir, car cela nécéssite de modifier les systèmes d'information, la logistique. On commence sur internet, et on vient chercher en magasin. Où bien l'inverse : à la FNAC, on vous propose de chercher sur internet avec le vendeur le produit que l'on ne trouve pas en magasin, et de se le faire livrer chez soi. Voilà les nouvelles façons de consommer. 

Pour cela la FNAC a lancé un programme de formation des vendeurs, pour les transformer : ils doivent devenir, dixit Alexandre Bompard,  " le trait d'union entre entre nos commerces physiques et le digital". Cela passe aussi par le changement des systèmes de rémunérations variables : les vendeurs sont maintenant intéréssés aussi sur les ventes via internet, alors qu'il avaient tendance à les considérer comme des concurrents auparavant. Selon Alexandre Bompard, " aujourd'hui, 35% des ventes sur Fnac.com sont reliés d'une façon ou d'une autre au magasin". 

Forcément il est positif sur l'ouverture des magasins le dimanche (débat du moment avec la loi Macron), rappelant que " 25% des ventes d'Amazon se font le dimanche". Et il argumente avec les chiffres :

" Le bricolage et l'ameublement, qui ne subissent qu'à la marge la concurrence de l'e-commerce - 3% à peine pour le bricolage - sont autorisés à ouvrir le dimanche et pas le secteur de vente de biens culturels."

Enfin, il porte une appréciation sur la musique, qui tranche avec les idées reçues :Oui, le CD a reculé dans les ventes, mais il représente encore 75% des revenus d'achats de musique ! Et à ce jour aucune offre digitale n'a démontré qu'elle était un relais de croissance solide. Le téléchargement payant est en baisse, et la croissance du streaming est portée par des modèles financés par la publicité, ou des opérateurs de téléphonie, et ne permet pas une rémunération suffisante des acteurs de la filière.

Et puis, constat pour les fêtes: le livre est encore cette année le premier cadeau des français.

Alors, avec ces considérations, on se dit que le magasin n'est vraiment pas mort, à la fnac ou ailleurs.

Une bonne nouvelle, non?

Et c'est vrai que j'aime bien offrir des livres, pas vous?


Comment sera le travail en 2030 ?

FutureofworkO

On le sait : les prévisions sont toujours difficiles, surtout lorsqu'elles concernent l'avenir (merci Pierre Dac). Cela ne décourage pas pour autant les prospectivistes.

La prospective, d'ailleurs, ne consiste pas à "prévoir" le futur mais à imaginer, à partir de tendances plus ou moins déjà perceptibles dans le présent, des combinaisons de facteurs, des scénarios plausibles, qui nous aident à réfléchir et à préparer l'avenir dans un environnement incertain

.C'est toute la démarche d'une étude récente sur le futur du travail, à horizon 2030, conduite pour l'Angleterre, par un institut de prospective (Z-Punkt), l'Université de South-Wales, et une organisation publique UKCES (UK Commission for Employment and Skills).On trouve tout ICI (la version ppt, la version résumée, et, pour les courageux, le rapport complet).

On peut facilement transposer ces éléments de l'Angleterre à d'autres pays européens, comme la France, car les tendances étudiées et mises en évidence sont tout aussi présentes, avec peut-être des variantes, sur notre territoire. Et puis, l'emploi, le travail, c'est d'ailleurs une des tendances, ne seront plus à considérer seulement pays par pays mais à l'échelle de l'Europe, voire du monde.

Une fois parcouru les hypothèses et scénarios, une chose au moins paraît certaine : pour les employeurs et les entreprises, la capacité à attirer et à conserver des talents de classe mondiale va être un facteur de plus en plus important de différenciation sur les marchés mondiaux.

Il est intéressant de parcourir, pour s'en convaincre, les treize tendances que les chercheurs ont analysées, regroupées en cinq types.

Tendances sociétales individuelles

1. Changement démographique : En Angleterre la population de 65 ans et plus va augmenter de 42% d'ici 2030, alors que la population des 16-24 ans ne va, elle, augmenter que de 3%. Les lieux de travail dans les entreprises vont naturellement devenir plus multi-générationnelles; quatre générations vont travailler en même temps.

2. Augmentation de la diversité : le rôle des femmes sur le marché du travail va continuer à s'accroître en nombre et en importance dans les hiérarchies.Les 2/3 de la croissance des jobs de haut niveau seront occupés par des femmes. Même phénomène sur l'immigration : les migtrations en Angleterre contribueront à plus de 10% de la croissance nette de la population.

3. Incertitude des revenus : Les salaires et revenus ont de fortes chances de baisser, avec de plus en plus d'inégalités. Les prévisions indiquent que la part de la richesse nationale captée par les 0,1% les plus riches va passer de 5% à 14% d'ici 2030 (toujours en Angleterre, mais les autres feront-ils différemment?).

4. Désir plus fort d'un meilleur équilibre vie professionnelle - vie personnelle : Cela se traduit par une demande de plus de flexibilité dans le travail. Flexibilité sur les horaires, le lieu de travail, les tâches. Cette possibilité de flexibilité va peser de plus en plus sur le choix d'un lieu de travail et d'un employeur.

5. Changement de l'environnement de travail : Les organisations des entreprises pourront être défaites et reconstruites rapidement. Les collaborations seront de plus en plus importantes, ainsi que les interactions entre collaborateurs. Le travail à distance se développera. Les jobs seront flexibles, avec les horaires flexibles, le télétravail.

Tendances dans lesTechnologies et l' Innovation

6. Convergence entre les technologies et les expertises : La frontière entre les disciplines va disparaître. L'informatique, les sciences de la vie, les sciences naturelles vont converger pour créer de nouveaux business models, avec des robots qui vont occuper des tâches aujourd'hui faites par des humains. 

7. Développement des Technologies de l'Information et de la Communication, et avènement du Big Data : Les performances vont continuer en termes de miniaturisation, de puissance de calcul, nanotechnologies. Les données seront de plus en plus nombreuses; les analyses des Big Data vont aussi changer les modèles.

8. Digitalisation de la production : Les process de production vont se transformer par la digitalisation; l'échange en temps réel de données entre les machines, les équipements, les objets connectés, et les en-cours de production, les systèmes de production et les usines vont devenir de plus en plus autonomes et automatisés. La décentralisation des process de production complexes sera une réalité gra^ce à de nouvelles techniques comme les imprimantes 3D.

Tendances du Business et de l'économie

9. Changement des perspectives économiques : Du fait de la globalisation et des changements technologiques l'économie et le système financier vont encore augmenter en complexité. Face à la volatilité des prix des matières premières, les entreprises devront plus que jamais pouvoir rendre leurs activités et chaînes de valeur de plus en plus résilientes, et s'habituer à l'incertitude.

10. Transfert vers l'Asie : Le poids économique du monde va basculer vers l'Asie, là où seront les croissances économiques les plus fortes, et les opportunités d'investissement les plus rentables. D'ici 10 ans, 40% des jeunes diplômés de l'OCDE seront en cHine et en Inde, alors que ceux de l'Europe et des Etats-Unis n'en représenteront que le quart.

11. Nouveaux ecosystèmes Business : Les entreprises vont devenir de plus en plus des "chefs d'orchestre de réseaux". Leurs capacités à connecter les expertises et les ressources, où qu'elles soient, seront plus importantes que les ressources qu'elles posséderont en propre dans l'entreprise elle-même. La plupart des innovations viendront de coopérations entre partenaires , à l'extérieur de l'organisation.

Tendances sur les ressources et l'environnement

12. Rareté des ressources naturelles et dégradation des écosystèmes : Le développement débouche sur un accroissement de la demande de ressources naturelles et de matières premières. On va donc avoir une volatilité des prix, et une recherche de solutions alternatives, qui vont bousculer les modèles d'entreprises.La surexploitation des ressources naturelles va augmenter les coûts d'extraction et de dégradation des écosystèmes.

Tendances politiques et règlementaires

13. Décroissance de l'action publique : les finances publiques étant limitées, et raréfiées, l'action publique va diminuer; moins de subventions, moins de redistribution, etc...Les actions privées et individuelles vont ainsi prendre plus d'importance. L'investissement dans le capital humain va être privé, y compris dans l'Education, de plus en plus.

Ces tendances, on les connaît toutes; on les a là, aujourd'hui, sous les yeux. Il n'est pas difficile d'imaginer combien elles vont impacter, à des degrés variables, toutes nos entreprises et le marché du travail, et pas seulement en Angleterre.

Et pourtant, combien d'entreprises, petites ou grands groupes, imaginent encore que le futur, c'est un peu plus de la même chose qu'aujourd'hui? C'est difficile d'imaginer les ruptures; et il est toujours trop tard pour réagir quand elles arrivent.

Alors, pas besoin d'attendre 2030, au contraire, pour être prospectiviste : c'est maintenant que les transformations se préparent et s'anticipent. Et il y a de quoi faire....


Les marginaux vont-ils sauver l'entreprise ?

InclusifDans les entreprises, on le comprend vite quand on fréquente les commerciaux, les gens du marketing, les directions financières, il y a les bons et les mauvais clients. Les bons, ce sont ceux qui achètent, beaucoup, souvent; le "grand public", ceux qui qui sont nombreux à acheter les mêmes produits, en "masse". La télévision et la publicité les avaient repérés depuis longtemps, ces fameuses "ménagères de moins de cinquante ans".

Et puis, les autres, ceux auxquels on s'intéresse moins, forcément, ce sont les marginaux, ceux qui ne sont pas comme tout le monde, les pires étant "les pauvres" ( comme ils n'ont pas de sous ils n'achètent pas grand chose, donc il vaut mieux ne pas trop se casser la tête pour eux), mais aussi les vieux (ils ne comprennent rien aux nouvelles technologies, ils achètent surtout des médicaments, pour le reste, pas besoin de s'en occuper). Même chose avec les minorités "ethniques" : ils font pas comme tout le monde, donc, sauf pour ceux qui s'adaptent, et donc consomment les mêmes choses que la majorité, pas besoin de s'intéresser aux habitudes de consommations de ces groupes.

Bon, comme il faut quand même s'occuper un peu de "social", les entreprises réservent quand même parfois un peu d'intérêt pour ces "marginaux"; elle vont mettre ça dans la case "RSE" (Responsabilité sociale et environnementale); cela va consister à monter des fondations, faire du mécénat, aider les pauvres, les minorités de tous ordres; mais tout ça, c'est pas du business, du vrai, qui, lui, continue imperturbablement à s'occuper des "vrais" clients. Donc la RSE, c'est la bonne case pour se donner bonne conscience sans perturber le commerce et les profits.

 Et si tout ça était en train de changer? Et si c'étaient justement les marginaux qui étaient la nouvelle frontière de la croissance et de l'innovation des entreprises, notamment occidentales?

C'est ce que nous fait comprendre Navi Radjou et ses co-auteurs de "L'innovation Jugaad", dont j'ai déjà parlé ICI.

 D'abord parce que, même pour ceux qui le déplorent, ces "marginaux" qui n'intéressent pas le commerce vont devenir de plus en plus importants aux Etats-Unis et en Europe : de plus en plus de vieux, de minorités ethniques...et de "pauvres".

En 2030 les personnes de plus de 65 ans représenteront 25% des européens ( 17% en 2005). Autre tendance : la population musulmane d'Europe, qui représente 5% dans l'Union Européenne (10% en France) passerait à 20% en 2050, la France ayant dépassé ce chiffre bien avant. Et puis les pauvres : en France ils représentaient 8,6 millions de personnes en 2010, soit 14,1% de la population totale, contre 13,6% en 2000 ( la pauvreté étant définie comme en-dessous du seuil de 60% du niveau de vie médian). Autre tendance perçue, notamment aux Etats-Unis : l'érosion des classes moyennes.

Conclusion : les groupes marginaux sont en train de devenir le groupe de consommateurs dominant. Ils vont donc forcément devenir une nouvelle cible intéressante, ce qui va obliger les entreprises à modifier leurs modèles économiques pour pouvoir les servir tout en faisant aussi des profits. Cette fameuse théorie du "bas de la pyramide" dont j'avais parlé avec un dirigeant de Danone ICI, elle va concerner, non plus seulement les pays émergents que nous voulons conquérir mais nos propres pays occidentaux.

Alors, Navi Radjou et ses co-auteurs en concluent que la meilleure façon de nous adapter, nous les entreprises occidentales, c'est bien sûr de s'inspirer des entrepreneurs des pays pauvres et émergents, comme l'Inde, qui sont habitués, eux, à développer leur business vers les consommateurs pauvres; ce qu'ils appellent l'esprit "Jugaad" ( " débrouillards").

Ainsi nous sauverions nos entreprises des pays dits "riches", dans leurs marchés vieillissants et avec de plus en plus de pauvres en s'inspirant des pays qui sont pauvres depuis longtemps (et qui sont, eux, en train de devenir riches). Tout un paradoxe.

Bon, alors, messieurs les experts des pauvres qui deviennent riches, c'est quoi vos secrets pour sauver les riches qui deviennent pauvres ?

Accrochez-vous....voici les neufs secrets "Jugaad" :

1. Arrêter les projets RSE, et faire de l'inclusion sociale un impératif stratégique dans toutes les lignes de métier,

2. Plutôt que de faire de la R&D pour des produits haut de gamme avec des fonctionnalités sophistiquées, faire des produits accessibles aux consommateurs à faibles revenus;

3. Créer une culture de travail inclusive à l'intérieur des entreprises, avec un mode de management organisé autour de la gestion participative;

4. Reconnaître que les segments marginaux ne sont pas des esprits marginaux : même les vieux ont des idées, et de plus en plus intéressantes;

5. Utiliser la technologie pour abaisser le coût de l'inclusion : par exemple la télémédecine pour abaisser le coût du système de santé;

6. Co-créer des modèles économiques entre entreprises et associaitions;

7. Faire conduire ce changement systémique de modèle économique par un engagement au plus haut niveau, pour réorienter et transformer la Recherche et le Dévelopement;

8. Adapter les meilleures pratiques des marchés émergents : en Inde, 300 millions de personnes vivent avec moins de 1 dollar par jour; les entrepreneurs locaux savent ce que sont ces marchés..et inventer des produits et services pour eux;

9. Adopter les principes du modèle inclusif tout de suite : Il y a déjà 130 millions de personnes âgées de plus de 50 ans dans l'Union Européenne aujourd'hui, d'ici 2020 un adulte européen sur deux aura plus de 50 ans : il faut tout de suite anticiper et créer et distribuer les produits et services pour eux. Et parmi eux, il y aura pas mal de "pauvres", alors il faut en tenir compte aussi.

Cette leçon de management donnée depuis un pays pauvre pour préparer au mieux les économies encore riches, comme nous en Occident, à faire du business tout en voyant les populations de plus en plus composées de "marginaux", voilà un message que l'on ne peut manquer de trouver un peu cynique quand même.

Mais c'est vrai que les livres de management écrits par des indiens ( tels l'année dernière celui de Vineet Nayar, patron de HCL Technologie, dont j'ai parlé ICI), sont de plus en plus "tendance".

Intéressons-nous à ceux-ci avant de devenir tous pauvres...servis par des entreprises agiles venant des pays émergents et "pauvres nouveaux riches".


Quitter, est-ce déserter?

FuiteJ'ai eu peur....

Une table voisine dans un restaurant, un couple (légitime? ou non ?), plus trés jeune, une bonne bouteille de vin; genre gourmets. Ils trouvent utile de me dire en quittant la table qu'ils vont quitter la France, c'était genre leur dernier repas en France ( ça m'a fait tout d'un coup penser au suicide de Stefan Zweig au Brésil - voir ICI).en 1942. Je ne sais pas trop quoi leur répondre, je n'ai pas envie de discuter...Cela me met mal à l'aise.

Autre lieu, celui des Matins HEC; nous recevons Geoffroy Roux de Bézieux, que j'avais accueilli au collège des Bernardins pour parler des entrepreneurs, ICI. Pour lui, ceux qui partent, il les comprend; mais ce sont des "déserteurs" ; lui, il choisit plutôt de combattre, de s'engager, c'est comme ça qu'il explique son envie de devenir le Président du MEDEF.

Et puis, pour en rajouter, je parle avec un jeune; il a à peine plus de dix-huit ans; il est déjà convaincu : à quoi bon rester en France, la croissance et la richesse dans le monde ne sont plus en France, et surtout pas pour lui; lui, il veut aller à Singapour, ou en Corée...Même les diplômes français ne l'excitent pas car qui connait l'ENA, HEC ou l'X en-dehors de France?

Cruauté de ces rencontres; et aussi ce sentiment que l'on est en train de changer d'époque et sûrement de civilisation...Et pourquoi cette désertion, cette perte de confiance, pour la France. Comme une Ombre, voir ICI.

Nous ne nous  apercevons pas complètement de ce changement, surtout ceux qui ne voyagent pas.

Forcément, on se demande si il faut résister ou déserter.

Et ce choix redonne de la noblesse à ceux qui s'engagent.

Alors?


Pour être innovant, faut-il faire le clown avec ses collègues au bureau?

FunofficeCela a déclenché de nombreux commentaires cette histoire : Marissa Mayer, PDG de Yahoo!, a décidé d'interdire le télétravail dans son entreprise, en faisant diffuser une note interne, interdite de Forward ( preuve que ce genre d'interdictions est complètement inefficace; méfions-nous de ce que nous diffusons en interne dans nos entreprises..), qui s'est retrouvée immédiatement dans la presse. On peut lire la note intégralement ici.

La plupart des commentateurs lui tombent dessus : rétrograde, qui ne comprend rien aux bénéfices du télétravail, les nouvelles technologies, etc...Bref, elle n'a rien compris la pauvre fille. C'est drôle parce que un autre mémo, celui émis à son arrivée, qui expliquait comment elle allait redonner confiance à la boîte, avait été, lui, applaudi par tout le monde ( "keep moving!").

Alors, il est intéressant de lire une opinion différente dans le Washington Post, par Richard Cohen, et traduite dans le dernier numéro de Courrier International (seuls les abonnés y ont accés).Lui il approuve cette décision.

Allons voir cette polémique.

Marissa Mayer a pris cette décision aprés avoir analysé les connections au serveur Yahoo! en VPN des employés en télétravail : trés faibles..Ce qui lui a fait aussi soupçonner que ces employés ne devaient pas faire grand chose, et avoir une productivité trop faible.

Mais c'est d'un autre sujet dont parle Richard Cohen : pour être efficace, innovante, pleine d'idées, l'entreprise a besoin de confrontations, d'un vivre ensemble des employés, qui vivent au bureau comme ils vivraient dans une maison. Et que le télétravail qui isole, qui sépare, qui empêche cette confrontation physique, nuit à la capacité d'innovation de l'entreprise.

L'innovation, ça tient à ce qui se passe à la machine à café, par la confrontation. C'est ça qui apporte les idées nouvelles à l'entreprise.

Ce serait pour cela que l'innovation, ça se passe dans les villes, avec les populations denses, le brassage des talents. C'est dans les villes que sortent les idées, les ruptures, et non dans les campagnes. D'ailleurs de plus en plus de monde sont attirés par les villes, où vivent déjà près de la moitié des habitants de la planète. La ville attire.

Alors pour justifier la décision de Marissa Mayer, Richard Cohen parle d'innovation :

" Créer de l'innovation - l'étincelle qui produit une autre étincelle - voilà la tâche de Marissa Mayer. Elle est le cinquième PDG de Yahoo! en un peu moins de cinq ans, la société est dans le pétrin. Elle a besoin d'idées - sans parler d'un nouveau nom".

Il y a aussi les détracteurs, ceux qui ne manquent pas de faire remarquer que Marissa Mayer, ex de Google, est une dingue du bureau; elle n'a été absente que deux semaines lors de la naissance de son enfant. Pour elle, l'important c'est ce qui se passe dans les bureaux. Là où il faut être ensemble.

De nombreux gourous du management confortent cette thèse également, comme le relève l'article du New Yorker ici de Jonah Lehrer. On pense en groupe et le brainstorming ça se fait à plusieurs, et c'est la meilleure méthode.

Alors, les bureaux deviennent des seconds "chez soi" : Google est champion sur le sujet; bonbons, salles de jeux, fêtes du personnel, tout est prévu pour qu'on y reste aussi pour des activités sociales entre collègues, comme une party avec des amis. On se déguise en clowns, et on s'amuse bien. Enfin, on fait semblalnt des fois, non?

On comprend que pour certains, cette façon de concevoir la vie professionnelle soit perçue comme un peu trop intrusive.

Comme si il fallait choisir entre être au boulot chez soi, ou chez soi au boulot...

Une bonne ambiance au bureau est forcément bénéfique pour l'innovation et la performance; ça ne se décrète d'ailleurs pas seulement avec des bonbons et des nez de clowns (voire, au contraire).

Mais doit-on pour autant interdire le travail à distance, le télétravail : tout cela est une histoire de mesure.

En tous cas Marissa Mayer aura obligé à se poser la question.

Attendons de voir la suite car Yahoo!, travail à distance ou pas, y a encore du boulot pour se sortir d'affaires, incontestablement.


Un chateau de nuées effacé sans laisser de trace

BellepoquePas facile d'imaginer, lorsque l'on traverse l'Autriche aujourd'hui, qu'un autre monde, un monde d'hier, a existé :.

" Je suis né en 1881 dans un grand et puissant empire, la monarchie des Habsbourg; mais qu'on ne le cherche pas sur la carte; il a été effacé sans laisser de trace. J'ai été élevé à Vienne, la métropole deux fois millénaire, capitale de plusieurs nations, et il m'a fallu la quitter comme un criminel avant qu'elle ne fut ravalée au rang d'une ville de province allemande".

Celui qui écrit avec amertume ces lignes, c'est Stefan Zweig. " Le Monde d'hier" est son dernier livre; il l'écrit en exil au Brésil, en février 1942. A peine terminé il ira le poster à son éditeur, et se suicidera avec sa jeune femme, Lotte, le lendemain.

L'ouvrage nous fait ainsi revivre l'Europe et l'Autriche depuis cette fin du XIXème siècle jusqu'en 1941. La guerre, les guerres, le déchirement de l'Autriche. La fin d'un monde. Effacé sans laisser de trace.

Quand on observe avec Stefan Zweig toute l'indolence de cette Autriche de fin de siècle, comme le calme avant la tempête, on remarque forcément combien ce pays semble endormi, comme assoupi dans son confort; et comme on connaît la suite, on a envie de lui crier que son empire est fragile, que ça va mal tourner. Mais elle n'entend pas, elle court vers son destin.

Stefan Zweig appelle cette époque "l'âge d'or de la sécurité".

Tout a l'air immuable, fondé sur la durée, " et l'Etat lui-même paraissait le suprême garant de cette pérennité".

Grâce à cette durée, on pouvait tout prévoir d'avance : " Qui possédait une fortune pouvait calculer exactement ce qu'elle lui rapportait chaque année en intérêts; le fonctionnaire, l'officier trouvait dans le calendrier l'année où il était assuré de bénéficier d'une promotion ou de partir en retraite".

"Tout, dans ce vaste empire, demeurait stable et inébranlable, à sa place".

Et ce siècle de la sécurité devient l'âge d'or des assurances: on s'assure sur tout; " Les ouvriers eux-mêmes s'organisèrent et conquirent par leur lutte un salaire normalisé et des caisses de maladie; les domestiques prirent sur leurs économies une assurance-vieillesse et payèrent d'avance à la caisse mortuaire leur propre enterrement. Seul celui qui pouvait envisager l'avenir sans appréhension jouissait avec bonne conscience du présent".

Et se développe une foi en un "Progrès" ininterrompu et irrésistible : " On croyait déjà plus en ce "Progrès" qu'en la Bible et cet évangile semblait irréfutablement démontré chaque jour par les nouveaux miracles de la science et de la technique".

Ce monde de la sécurité, il n'a pourtant pas survécu :

" Maintenant que le grand orage l'a depuis longtemps fracassé, nous savons depuis longtemps que ce monde de la sécurité n'était qu'un chateau de nuées. Pourtant mes parents l'ont habité comme une maison de pierres".

Ce monde d'hier, de la sécurité apparente, c'est aussi le monde où rien ne va vite, ce que Stefan Zweig appelle "un monde sans hâte". Les corps confirment cette impression :

" Quand j'essaie de me représenter l'apparence des adultes au temps de mon enfance, je suis frappé du grand nombre de ceux qui accusaient une obésité précoce. Mon père, mes oncles, mes professeurs, les vendeurs dans les magasins, les musiciens de l'Orchestre philarmonique devant leurs pupitres étaient tous à quarante ans des hommes corpulents et "dignes". Ils marchaient à pas lents,parlaient d'un ton mesuré et, en conversant, caressaient leur barbe, trés soignée et souvent grisonnante".

Oui, dans ce monde "bourgeoisement stabilisé", on va lentement : "jamais il ne se produisait rien de soudain".

Les formules de Stefan Zweig, comment ne pas avoir envie de les appliquer à d'autres mondes qui, eux aussi se sentent "bourgeoisement stabilisé" et en sécurité : nos entreprises, surtout les plus grandes ( on pourrait dire les plus grosses, celles qui sont "corpulents et dignes"); celles qui se croient des empires, et qui elles non plus, n'aperçoivent pas qu'elles sont parfois des "chateaux de nuées" qui pourront se faire éliminer par de nouveaux entrepreneurs agiles. Mais le danger guette toutes les entreprises,même les plus petites, surtout celles qui commencent à se croire importantes, qui commencent à être un peu prétentieuses.Et d'elles, ou de leurs dirigeants, leurs managers, on dira qu'ils "s'embourgeoisent", eux aussi. Et l'entreprise où les dirigeants s'embourgeoisent ressemblent tellement à cette Autriche de la Belle Epoque.

Repenser à cet empire des Habsbourg, c'est prendre conscience que les empires des entreprises qui s'endorment dans la nonchalance peuvent, eux aussi être "effacés sans laisser de trace".

Lire Stefan Zweig et le "Monde d'hier" est une façon de s'en protéger....Peut-être.


Ailes de cire

IcarusIl paraît que ce sont les deux mots qui font saliver (ou même plus) les businessmen et managers : leadership et global. Alors si vous les mettez ensemble, "global leadership", c'est l'orgasme assuré.

C'est du moins ce que rapporte The Economist cette semaine.On met du global et du leadership partout. Et une catégorie est particulièrement prometteuse, c'est les " Young Global Leaders", ceux qui vont diriger le monde de demain, qui sont guidés par une mission et des principes.

On le comprend, The Economist se moque un peu de cette histoire, et trouve cet engouement un peu suspect.

Car le "Global Leadership", c'est un vrai business : les écoles, les universités, les instituts de formation, ils veulent tous faire du "global leadership", et, forcément, on a aussi des gourous spécialisés dans le global leadership.

Au point de se demander si ces personnes dont le job nécessite de passer du temps dans les aéroports et les avions n'ont pas un peu surestimé cette "globalisation". La plupart des managers passent toute leur vie dans un seul pays, à part les voyages; le commerce, majoritairement, se passe à l'intérieur des frontières d'un pays; les politiques sont locales, les règlementatios aussi. Même quand on est un "global leader", il vaut mieux comprendre la culture locale du pays où l'on veut faire des affaires, et pas seulement se la jouer "global".

Mais il est vrai que le business du "global leadership" prospère. Formations, séminaires, forums, congrés, on a l'embarras du choix.D'où ces programmes dans les entreprises où on considère que pour accéder à un poste au Comex, il faut avoir séjourné dans deux pays différents avant ( j'ai entendu le PDG de Lafarge me raconter cette histoire; il a été DG en Turquie et dans un autre pays avant de prétendre à la promotion comme PDG du Groupe). Chez Nestlé, les membres du Board viennent de huit pays différents.

Par contre, cette histoire de "global leaders" a un autre inconvénient majeur relevé par The Economist, et intéressant.

Il concerne ces personnes que l'on va qualifier de "Young Global Leaders" , la fine fleur de la nouvelle génération de managers prometteurs; vous en avez peut-être rencontré. Ils ont tendance, affublés d'une telle parure, à être plus arrogants.En leur faisant croire qu'ils sont en quelque sorte les "maîtres de l'Univers" on les magnifie ;et cette arrogance leur fait parfois faire des erreurs, par exemple se lancer dans des fusions ambitieuses, alors qu'à l'évidence ces fusions vont se planter. Ils sont équipés des mêmes ailes de cire que Icare et, en s'approchant du soleil du pouvoir,voient celles-ci se brûler.

Si le leadership a un secret, c'est peut-être plutôt celui de l'humilité.pour cela il faut peut-être ne pas écouter seulement les gourous du "global leadership" ou les autres "leaders" que l'on rencontre à Davos; mais aussi des personnes plus anonymes qui ne sont pas à Davos ou dans ces congrés, des personnes qu'on a peut-être oubliées : nos collaborateurs et nos clients.


Compression d'âge

FurbyC'est la terreur des marchands de jouets.La nouvelle victime des nouvelles technologies.

De quoi parle-t-on?

De la "compression d'âge" : les enfants deviennent vieux plus tôt. Ils délaissent plus jeunes les jouets traditionnels pour aller vers les consoles de jeux vidéos et même, de plus en plus jeunes, les ordinateurs, les mêmes que ceux des adultes.

Ce phénomène était analysé dans un article de Cécile Prudhomme dans Le Monde de dimanche dernier ( 9 décembre).

Les causes de ce phénomène : pas seulement les nouvelles technologies; mais aussi les médias, passifs ou actifs, la télé et internet, qui les font "mûrir" plus vite. On apprend ainsi dans cet article que le dernier achat de jouet, c'est aujourd'hui vers 9 ans, alors que c'était plutôt 11 ans il y a vingt ans.

Bon, c'est pas encore la fin non plus pour les jouets : il s'en vend chaque année en France 243 millions; les parents dépensent 3,24 milliards d'euros (chiffres 2011).

Et puis, heureusement, les grands parents vivent plus longtemps et offrent donc plus longtemps des jouets à leurs petits enfants; et les familles qui se décomposent permettent aussi aux enfants de recevoir duex fois plus de cadeaux.

Et puis les fabricants s'adaptent et créent des formules Jouet + Technologie : par exemple le Furby, peluche qui interragit avec une application téléchargée sur le téléphone, qui peut danser, interragir avec d'autres Furbys, on peut li donner à manger, et même traduire son langage.

Néanmoins, le phénomène ne peut que continuer. Et peut-être même va-t-il pénétrer nos environnements professionnels, nos organisations, nos entreprises.

Les compressions d'âge vont-elles compresser aussi les organigrammes ?